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Focus

Peso Peso, la nouvelle sensation du rap texan

Hardest Ese No Tekashi

Mugen le druide, le 5 mars

Si vous suivez assidûment nos playlists mensuelles, vous aurez remarqué la présence récurrente d’un dénommé Peso Peso depuis quelques mois. Ce marketing agressif orchestré par George de la Maille et moi-même a commencé à partir de la sortie de Hardest Ese Eva. Recruté par Sauce Walka sur son label TSF, le jeune texan a démarré il y a quelques mois un run assez exceptionnel.

Dès ses premières apparitions, on cerne déjà parfaitement le personnage qui a ce petit quelque chose de cartoon qu’on apprécie. Peso Peso est finalement assez fidèle à l’image qu’on se fait d’un texan d’origine mexicaine matrixé par le rap. Son appartenance est d’ailleurs quelque chose qui ne cesse de mettre en avant avec fierté, dans ses textes, mais aussi dans énormément de détails visuels plus ou moins évidents. Quand il attache des bijoux au bout de ses tresses, ils sont rouges et vert. Et que ce soit quand il porte du Bape, Vlone ou Balanciaga, les couleurs du drapeau mexicain sont toujours ses premiers choix.

Côté musique, la recette est simple voir simpliste : les productions sont clairement des « Splurge type beat ». Pour ceux qui ne cerne pas le personnage, c’est 2/3 notes de synthé sur une ligne de basse bien lourde. Basique, mais efficace. A noté que les deux ont déjà croisé le fer sur le titre No Names. Les prods choisies par Peso sont la plupart du temps fournies par le même producteur un dénommé Glizzy. Si vous cherchez de la variété, passez votre chemin. C’est fait pour hocher la tête machinalement et c’est suffisant. Sa particularité c’est cette diction si particulière, qui donne l’impression qu’il rappe fort et qu’il chuchote en même temps. On aime ou on déteste, c’est en tout cas assez original pour être identifiable en quelques secondes à peine. Et finalement c’est ça une vraie marque de fabrique. Disciple assumé de Sauce Walka, il baigne comme son mentor dans tout cet univers « drip » et il n’est pas difficile de comprendre pourquoi Peso a signé sur TSF et pas ailleurs : il émule ce style avec brio en a parfaitement assimilé tous les codes. Et depuis que Walka lorgne vers des ambiances trap à l’esprit un peu plus soul (New Sauce City) ceux qui cherchent un bol d’air frais dans ce genre de rap apprécierons sans aucun doute notre jeune Ese.

« I knock out the pack call me Andy Ruiz »

C’est son projet Hardest Ese Eva qui déclenchera véritablement son explosion. Plus à prendre comme une compilation de ses sons les plus efficaces de l’époque, c’est une première carte de visite plutôt encourageante et qui à un succès en termes de vues assez impressionnant. On y retrouve des titres comme Flow 3 avec son acolyte Rizzoo, 50 Slabs avec Hoodrich et bien sûr Vato Drip et le titre éponyme, les deux titres les plus marquants. Les plus observateurs d’entre vous auront capté l’hommage a SPM grâce à l’extrait de son classique Wiggy Wiggy qui ravive dangereusement la flamme de la nostalgie. Pour la petite histoire, South Park Mexican est un rappeur de Houston qui fait partie des légendes de la ville, et c’est évidemment une véritable icône dans sa communauté. Le propre père de Peso était sur son label, et c’est une des ses plus grandes inspiration. Vous n’avez jamais vu circuler le nom de SPM avant aujourd’hui ? C’est normal, il est incarcéré depuis des années pour des sombres affaires de pédophilie.

Son projet récent nommé Salsa est une évolution notable de la recette. Plus court, moins de featurings, des titres plus maîtrisés et naturellement plus efficaces, un ensemble homogène et des visuels assez géniaux malgré un budget qu’on devine encore modeste. Pour ceux encore habitués à consommer la musique en mp3 plutôt qu’en vidéo sur YouTube, Peso Peso est le genre de rappeur pour lequel il faut s’immerger les yeux et les oreilles pour pleinement apprécier l’univers. Et ce n’est pas par hasard si une grande partie des titres de Salsa ont droit à leurs visuels, qui ont véritablement inondé Worldstar ses 4 derniers mois avec un rythme absolument insolent.
TSF Mexico, Drippin’ & Splashin, Enchilada, Splashin in Miami, All In et le meilleur son du projet : I Was Trappin’ au côté du flyest Crip ever, l’homme qui ne tremble jamais en featuring, Maxo Kream.

Mais derrière ce rap fun et jovial, Peso cache en fait une histoire plutôt sombre. L’environnement dans lequel il grandit n’a rien d’idyllique. Très jeune, il fait régulièrement des aller-retours en détention. Son père dealer est soit absent, soit en cavale. Quant à sa mère, quand elle n’est pas en prison, elle passe plus de temps à trafiquer dans les rues qu’à s’occuper de lui et de son frère Julo. Ils passerons plus de 15 ans sans la voir et grandirons le plus clair de leur temps avec leur tante. Une enfance plutôt chaotique qui aura au moins eu le mérite de souder les deux frères. Si vous regardez bien, Julo est présent dans tous les clips. A l’origine, c’est lui qui a commencé a rapper quand il avait à peine 10 ans. C’est pour imiter son frère que Peso à commencé à cracher ses premiers freestyle. Lors de son interview No Jumper, Adam 22 (toujours plus gênant) lui demande s’il pense être un crack baby. Peso répondra avec une belle dose de philosophie :

“I know I am. It is what it is...I’m a very succesful one.”

S’il est évident que Peso Peso ne va pas réinventer la roue, le jeune rappeur déborde d’une énergie communicative. C’est typiquement le genre d’artiste qu’on aime pour son charisme autant que pour sa musique. Car soyons honnête, si on aime décortiquer les rimes et les samples, le charisme dans le rap, ça compte aussi. Si on arrive à se faire à la recette assez répétitive des morceaux de Peso Peso, sa musique en devient presque addictive. Mais si on compare ce phénomène avec certains projets récents bien plus exposés... au hasard Pop Smoke (RIP) ou DaBaby, abuser d’un flow qui fonctionne n’est finalement pas si rare que ça, même chez les grosses têtes d’affiche.

Et puisqu’une bonne playlist vaut mieux qu’un long discours, nous avons sélectionné les titres les plus marquants de notre hardest ese ever. Des titres extraits de ses projets mais aussi quelques featurings de haute volé. Car depuis son explosion, Peso a adopté la technique des trappeurs de grande renommé comme Gucci Mane ou Young Dolph : inonder le marché. Et être présent partout, c’est aussi faire des featurings. On vous recommande chaudement l’écoute de Ese Talk et sa prod folle ainsi que Barrio Boyz avec ce bon Brick Wolfpack.


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