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Chroniques

Fredo Santana Fredo Mafia

En attendant Mafia 3...

Mugen le druide, le 2 septembre 2016

Même si son succès fut bien moindre que celui de son cousin, l’inclassable Chief Keef, Fredo Santana à réussi à se faire un nom au pays de l’oncle Sam. Probablement autant grâce à sa musique qu’à son image de sauvage. Avec pas moins de 8 mixtapes au compteur et un album, il faut dire que le jeune loup n’a pas chômé depuis le début de sa carrière en 2012...

Et avec Fredo Kruger c’est tout ou rien : soit on aime, soit on déteste. Les critiques avanceront que le jeune rappeur tourne en rond, répétant sans cesse les mêmes schémas, les mêmes textes, le même ton, et personne ne les contredira. Ajoutez à cela certains mixages de piètre qualité (cf. Trappin’ Ain’t Dead) qui ne jouent pas en sa faveur, et vous avez une séparation nette entre les deux camps.

Mais ne vous y trompez pas, Big Boss Fredo a bien rempli son compte en banque ces dernières années, avec de l’argent propre cette fois. Assez en tout cas pour suivre Chief Keef et déménager dans la Cité des Anges, troquant le froid et la violence de Windy City pour une jolie maison sous le doux ciel californien. Mais ce ne sont pas quelques degrés Fahrenheit en plus qui vont changer son fond de commerce, en adoucissant sa trap musique brute de décoffrage. Après le très bon Ain’t No Money Like Trap Money sorti l’année dernière, Fredo revient avec un nouveau projet, une mixtape intitulée Fredo Mafia.

Quand on l’observe, avec sa croix sur le front et son regard de diablotin, on est plutôt enclin à acquiescer quand on entend Fredo rapper « certified in the streets you can ask around ». Si la vie de rue avait une délégation officielle, il serait vraisemblablement un de ses meilleurs ambassadeurs. Pour se faire une idée de son domaine d’expertise, on pourrait le ranger dans le même rayon que les Young Dolph, Scooter, Casino, Lil Reese.

« Pull up on your block and see if my heat work,
We can get some money or we can beef first,
Pull up on your set and shoot whoever I see first,
Damn, I done got blood on my t-shirt.
Look down got his brain on my sneakers. »

Si les généraux d’808 Mafia sont logiquement invités à la fête sur ce Fredo Mafia, c’est DY qui fourni le plus gros du travail (8 prods sur 12). Metro et Southside font ici office de producteurs exécutifs. C’est ce dernier qui s’occupe de la prod de Persona. « Rob you with no mask to show you that was me ». Des lyrics qui rappelleront aux connaisseurs une obscure altercation entre Master P et Pimp C. Sur Cappin’ c’est Tarentino qui passe derrière les machines, l’occasion d’inviter ce qui semble être la première recrue du label Savage Squad Records après Gino Marley : Baby CEO. Petit gremlin d’à peine 15 ans originaire de Memphis, qui pose avec un flow plus que solide pour un bambin. De la graine de petits sauvageons au vécu déjà bien trouble.

Pour ceux qui ont raté les épisodes de Issues et du banger Big Homies, sachez que Fredo et Maxo Kream s’entendent comme larrons en foire. C’est sur la bonne prod de Chopper, sans doute un des meilleurs sons du projet, que Maxo pose un couplet qui sent bon le napalm.

« Man see niggaz goofy talkin’
Chooper got me stupid walkin’
Codein got me never coughin’
Fuck his way we shoot the coffin’ »

Depuis quelque temps maintenant, Fredo s’autorise à utiliser l’autotune. Un bon moyen de varier les plaisirs, à condition que ce soit fait dans les règles de l’art. Et quoi que sa fan-base hardcore en pense, le bougre est plutôt bon : sur Mafia Talk, produit par Metro et TM88, le résultat est assez convaincant. Et si l’alchimie entre le trio improvisé est si bonne, leur rencontre en studio y est sûrement pour quelque chose. Connexion plus surprenante, mais tout aussi agréable, un deuxième H-Town résident est crédité dans la tracklist et pas des moindres : Joseph McVey aka Z-Ro. Et quoi de mieux pour une première rencontre qu’un son dédié à la sainte potion (2 Cups), épais liquide dont les deux rappeurs ne cessent de se délecter. Mention spéciale pour l’apparition du brave Wooh Da Kid sur Ball, rappeur qu’on aimerait bien entendre un plus souvent.

Fredo Mafia ne réinvente pas la roue : il est fort probable que ceux qui n’aimaient pas la musique de Fredo ne changeront pas d’avis avec ce projet. En revanche, ses fans de la première heure seront ravis d’avoir quelques chose de concret à se mettre sous la dent. Quant à ceux qui découvrent, c’est probablement le projet le plus accessible dans sa discographie, une porte d’entrée idéale dans l’univers du personnage. Rien de très spirituel certes, mais si vous cherchez quelques chansons qui frappent un peu pour briller en société, nul doute que vous trouverez votre bonheur dans ce rafraîchissant Fredo Mafia. En espérant qu’il garde le même niveau d’exigence pour ses prochains opus. Il a déjà annoncé depuis déjà de longs mois d’autres travaux en cours : No Droughts, Fredo Tarentino et Blood Ticker Than Water avec Sosa Chamberlain.

- Fredo Mafia sur iTunes.
- Fredo Mafia sur Google Play.



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