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Chroniques

Cashy Kesh Dolla Supply & Demand

Plus Manny que Sosa

Jocelyn Anglemort, le 8 juillet 2016

Pour fêter l’arrivée des pool parties et à l’occasion de la sortie du EP Supply & Demand, rapide retour sur le début de carrière tonitruant d’un de nos freshmen 2016, l’exubérant Cashy Kesh Dolla.

Originaire du Sud de Miami, le rappeur Cashy a retenu notre attention début 2014 avec la sortie de son projet Platinum Plus, un EP de 7 titres entièrement produit par PurpDogg et rempli d’odes à la fête débridée et aux villas immaculées. Suivront dans la foulée 2 autres projets, Priceless et surtout Holographic Art, toujours avec PurpDogg, où l’alchimie fonctionne à merveille. Des boucles simplistes et hypnotiques accompagnent les basses sous stéroïdes et Cashy, sauvage et excité, s’y amuse comme un ado’ un peu retardé à qui les parents viennent de confier la maison pour les vacances.

” Smoking that Strong
Eyes look like Ching Chang Ching Chong
Your Bitch in a thong
Hit her from night ’till the mornin’ ”

Cashy s’offre 3 projets hyper rafraichissants, surtout au milieu d’une scène floridienne désormais plus habituée au phonk poisseux qu’à la ribouldingue en tongs et slip de bain. D’ailleurs, il n’oublie pas d’inviter ici certaines des principales têtes de gondole de Miami, Denzel Curry et Yung Simmie, le temps de soirées en club pour 2 impeccables remixes.

De son côté, PurpDogg s’éloigne des ambiances cafardeuses qu’il concocte habituellement pour Slug Christ, Dylan Ross, Bones ou Black Smurf au profit de productions plus smooth et détendues se rapprochant davantage de We Made It, son tube avec Soulja Boy. On le sent ici bien heureux de lever le pied pour les vacances en regardant les nuages s’éloigner.

Enfin, un autre détail qui fait le charme de ces projets : Le soin apporté à l’aspect visuel, que ce soit à travers les superbes covers des EP réalisées par Low Brow, une artiste argentine, ou par Cashy lui-même grâce à sa science du textile bariolé (ses projets sont d’ailleurs distribués par Mishka Records, une marque pas avare en collections criardes et bigarrées). En mélangeant son amour pour Slick Rick, Outkast, Master P, le design Pen & Pixel et les séries des années 80, Cashy honore avec nostalgie et bon/mauvais goût les idoles de son enfance. Si comme lui vous aimez vous vêtir comme Sonny Crockett ou Tommy Vercetti, Cashy propose aussi d’acquérir certaines des plus dégoûtantes et magnifiques pièces qu’il chine au cours de ses voyages via son shop VintageMOB.

Pour ce Supply & Demand sorti le 29 juin, pas de PurpDogg aux manettes mais une clique de jeunes loups diablement efficace (Shawty Fresh, Kenanza, Doeboy...), les basses rebondissent pour remuer les fessiers sur la piste et les snares scintillent, encourageant les nuées de narco-dollars.

De son côté, Cashy, comme défoncé au protoxyde d’azote, rappe frénétiquement sa vie en technicolor, enchaînant les refrains les plus cheesy possibles de manière à ce que ceux-ci vous collent aux oreilles pendant des heures (« Don’t know », « Situation », « Big Money Balla »).

Le club transpire, les filles boivent le champagne à la bouteille et les sachets dégueulent des poches. Tout va bien, les limos ramèneront tout ce beau monde au petit matin.

She gon’ need surgery, I took your bitch, no burglary.



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