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Chroniques

Young Dolph Bulletproof

How the fuck you miss a whole hundred shots ?

Gho$tFrieza, le 5 avril 2017

Le rappeur de Memphis vient de sortir ce 1er avril son deuxième album studio, qui est également son deuxième projet de cette année 2017 (après Gelato, un mois auparavant).

Bulletproof voit le jour suite à la fusillade dont a été victime Young Dolph le 25 février à Charlotte (Caroline du Nord). Alors que le rappeur se trouvait dans son van, trois tireurs ont surgi et ouvert le feu, déchargeant plus de 100 balles sur le véhicule. Tentative vaine, puisque le prévoyant Dolph avait équipé son camion d’un métal pare-balles, lui permettant ainsi de monter sur scène un peu plus tard et d’assurer son concert. Si peu d’informations officielles ont été relayées sur les causes et les responsables de la fusillade, les réseaux sociaux ont en revanche immédiatement évoqué une potentielle responsabilité de Yo Gotti, à cause du beef qui s’est récemment envenimé entre les deux hommes, notamment avec le diss track Play Wit Yo Bitch de Young Dolph, que ce dernier a d’ailleurs joué dans le club quelques instants après la fusillade.

L’album a ainsi été conçu comme une sorte de réponse à ses assaillants et aux journalistes (Young Dolph s’étant peu exprimé sur l’affaire jusque-là). En atteste – dans un premier temps – son titre, sa pochette, ainsi que la tracklist formant une phrase : “100 shots in Charlotte but I’m bulletproof so fuck em...”.

Il s’agit d’un projet court (10 morceaux / 30 minutes) dont le seul invité est Gucci Mane sur l’excellent That’s How I Feel. On peut d’ailleurs regretter que 21 Savage, qui se serait très bien intégré à l’ambiance et aux thèmes de l’album, n’y soit pas présent également.

Côté production on retrouve certains des noms les plus en vue d’Atlanta : Zaytoven, Metro Boomin, Drumma Boy, Dun Deal... Ils livrent ici un travail de qualité, que ce soit avec des mélodies subtiles, légèrement sombres et froides, et des basses solides (In Charlotte, So Fuk’em, That’s How I Feel), des sonorités un peu plus éthérées (But I’m Bulletproof, I’m So Real), ou des morceaux plus enjoués quand Zaytoven vient y ajouter du piano (All of Them, I’m Everything You Wanna Be), voire de la flûte (I Pray For My Enemies).

Le premier morceau, 100 Shots, est la preuve la plus vive de la volonté de règlement de comptes de Young Dolph, notamment avec son refrain : “A hundred shots, a hundred shots / How the fuck you miss a whole hundred shots ?”, le tout sur une excellente production de DJ Squeeky, vétéran et légende vivante de Memphis.

Si le reste de l’album traite davantage des thèmes courants chez Young Dolph (étalage d’un train de vie démesuré, argent et putes à outrance...) il n’en demeure pas moins parsemé de piques à l’encontre de ses récents agresseurs : “That nigga shot all the motherfuckin bullets, man, ain’t hit shit. Stupid ass nigga. [...] They started shootin, we didn’t even break a sweat” (In Charlotte) ; “Sittin in the truck, smokin on a blunt / Then I realized, I think I hear somebody shootin / You think I’m goin out like Pac and Biggie, you must be stupid” (That’s How I Feel) ; “You need to fire them and hire some more shooters / If you ain’t realized it yet, you a loser” (I’m So Real).

Bulletproof ne deviendra certes pas un classique du rap, mais il a le mérite d’être un projet de bonne facture réalisé dans l’urgence à un moment précis et répondant à une situation particulière, avec la frontalité, la nonchalance et la démesure qui caractérisent Young Dolph.



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