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Focus

Cover rippin’

Quand les pochettes de rap s’inspirent du rap

Dirt Noze & Jocelyn Anglemort & La rédaction, le 22 juin

Une sélection de pochettes d’albums ou de mixtapes qui reprennent, citent ou même remixent d’autres pochettes de rap.

L’art de la citation et de la référence fait partie de l’ADN et de l’histoire du rap. La référence se fait directe avec l’utilisation du sampling, les citations sont monnaie courante dans les paroles, et à ce petit jeux la science du cover art n’est, elle non plus, pas en reste.

Tout comme pour le sampling, les pochettes de rap ont longtemps pioché majoritairement dans les musiques noires qui l’ont précédé. On ne compte plus les reprises et références aux grandes pochettes de jazz ou de soul, mais la nouvelle génération, dont les parents écoutaient déjà du rap et qui ont baigné dans cette musique depuis leur petite enfance, n’hésite pas à citer directement ce dernier.

Nous en avons fait une sélection très subjective :


Clipse - Lord Willin’ V.S. Gucci mane - Drop Top Wop

En 2017, Gucci Mane n’en finit plus de revenir sur le devant de la scène. Pour son Drop Top Wop, il s’acoquine avec Metro Boomin pour nous livrer un court album qui a le mérite de posséder une pochette qui s’inspire directement du Lord Willin’ de Clipse.


Dr. Dre - The Chronic V.S. Spark Master Tape - Syrup Splash

Spark Master Tape pour son premier album se pose en véritable négatif de Dr. Dre : un fond noir s’oppose au blanc immaculé de la pochette de l’album culte, et un anonyme blanc et passablement ridicule (issu d’un meme) remplace Dr. Dre lui-même, une des personnalités noires les plus respectées du hip-hop.


The Notorious B.I.G. - Ready To Die V.S. Kodak Black - Lil Big Pac

Kodak rend hommage à ses idoles en reprenant la pochette d’un des disques les plus encensé de l’histoire du rap, et en y ajoutant des éléments plus personnels. Notons que Kodak n’est pas le premier, Young Scooter, Doe B et notre Gradur national s’y sont également essayés. (Jusqu’à ce bon croco de _W___ pour un mix de Tity Boï)


Ol Dirty Bastard - Return to the 36 Chambers : The Dirty Version V.S. Bodega Bamz - Papi

Avec Return to the 36 Chambers : The Dirty Version, Ol Dirty Bastard sort une des pochettes les plus iconiques de l’histoire du rap en détournant sa carte de l’assistance publique et en la présentant sur toute la surface de l’album. En 2018, soit vingt-trois ans plus tard, Bodega Bamz reprend la formule pour rendre hommage à son père, Placido De La Rosa, immigré illégal de République Dominicaine dont on entend la voix au tout début de l’album.

On notera qu’au même moment JPEGMafia sort son album Veteran, un hommage cette fois plus direct à ODB puisque celui-ci y sample allègrement les célèbres bruits de gouttière du plus destroy des membres du Wu-Tang Clan.


Lil Wayne – Sorry 4 the Wait 2 V.S. Chief Keef – Sorry 4 the Weight

Avec la pochette, mais aussi le titre de sa mixtape Sorry 4 the Weight, Chief Keef rend directement hommage à Lil Wayne et sa série Sorry 4 the Wait. À moins que ce ne soit plutôt une pique subliminale à son encontre. Quand sur le volume 2 Weezy s’excusait pour son absence et l’attente de son album Tha Carter V embourbé dans les embrouilles juridiques, Keef, lui, ne s’excuse que pour sa présence et le poids qu’il pèse sur le rap, notamment en terme d’influence. Remplaçant ainsi, en quelque sorte la position qu’avait le p’tit Wayne avant lui.


Mach Five – Art Rap V.S. Migos – Culture

Moab, le jeune graphiste italien qui a réalisé la pochette du Culture de Migos ne semble pas assumer le lien de parenté avec la pochette du Art Rap de Mack Five sorti en 2013. Pourtant la composition et les jeux de couleurs sont véritablement très proches, jusqu’aux rapports entre les termes "Art" et "Culture". Curieusement, la pochette de l’album de Mach Five a "mystérieusement" changé depuis.


Compton Most Wanted - Music to Driveby V.S. E.S.G. – Sailin’ da South

E.S.G. cite la célèbre pochette de Compton Most Wanted, avec sa décapotable remplie de gangsters en vue plongeante, tout en la mixant avec l’ambiance complètement folle de leur propre album Ocean Of Funk.


2Pac – Strictly 4 My Niggaz V.S. Denzel Curry – Strictly 4 My Raiderz

Dans la catégorie des rips de pochettes purs et durs le Strictly 4 My Raiderz de Denzel tient une bonne position en collant directement son visage sur le torse de 2pac.


Soulja Slim – Give It 2 ’Em Raw V.S. Lil B – White Flame

Encore un rip de hardcore de pochette pour le White Flame de Lil B, avec une habileté à Photoshop toute relative, on a remplacé le visage glacial de Soulja Slim du très culte Give It 2 ’Em Raw par celui, passablement flou et goguenard, du BasedGod.


Three 6 Mafia – Da Unbreakables V.S. Seed of 6ix – Smoke N’ Mirrors

Dans son projet "Back to the future", Irina Werning confronte deux photos d’une même personne à des âges différents en conservant les lieux, les poses et les vêtements. Ce travail est a l’origine du phénomène où de jeunes adultes reproduisent leurs photos d’enfance afin d’inonder les réseaux sociaux.
Complètement enlisés dans la nostalgie, les 2 membres de SO6ix, Locodunit et Lil Infamous - en plus de rapper sur les mêmes samples avec des flows très similaires - dupliquent ici à l’identique la pochette de leurs aïeux (Locodunit se trouve être le neveu de DJ Paul, Lil Infamous étant pour sa part le fils du regretté Lord Infamous). Saluons tout de même le soucis du détail et notamment le pic dans le nez du Scarecrow.


PLUTO – Players Like Us Takin’ Over V.S. Mister V – Double V

La rédaction de cet article ne constituant pas un motif suffisant pour s’infliger l’écoute d’un disque de Mister V, il nous est absolument impossible de savoir si ce "Double V" comporte moult références au trio originaire de Houston, PLUTO. C’est par contre une bonne occasion pour admirer à nouveau le travail de l’inénarrable studio Pen & Pixel ou de se replonger dans la bonne époque "Skyblog".


50 Cent – The Massacre V.S. Fatal Bazooka – T’as vu

Pour illustrer son album de camping-rap parodique, Michaël Youn s’appuie évidemment sur la superstar du moment, 50 Cent, afin de détourner les lieux-communs inhérents aux gangsta rap avec la finesse qu’on lui connait. Et puis comme le disait MF Doom dans "Beef Rap" :
"Yuck, is they rhymers or strippin’ males ? Out of work jerks since they shut down Chippendales."


A Tribe Called Quest – Midnight Marauders V.S. Hawd Gankstuh Rappuh MC’s Wid Ghatz – 2 Hype 2 Wype

Sorti en 2001 chez Wordsound comme une blague potache, 2 hype 2 wype détourne une des pochettes les plus cultes de l’histoire du hip-hop. Si l’album est toujours aussi bordélique et difficile à écouter aujourd’hui, il préfigurait tout de même par certains points de ce que serait le rap underground dix ans plus tard, gueulard, irrespectueux, low-fi et bourré d’auto-dérision.


Snoop Doggy Dogg – Doggystyle V.S. Bricc Baby – Nasty Dealer 2

Pour son Nasty dealer 2, Bricc Baby fait à nouveau appel à Benjamin Marra qui avait déjà travaillé sur le premier opus. L’as du dessin d’ado testostéroné lui a pondu une relecture du célèbre Doggystyle de Snoop Dogg, sorti 23 ans plus tôt.


Public Enemy - Yo ! Bum Rush the Show V.S. The X-Ecutioners - Built from Scratch

En 2002, le célèbre groupe de turntablists The X-Ecutioners, véritables terreurs des battles de DJ des années 1990, reprennent la pochette du très culte Yo ! Bum Rush the Show, le premier album de Public Enemy sorti en 1987. Une pochette marquante, qui, à l’époque, introduisait les membres du groupe le plus virulent de Long Island, accompagné de leur garde rapprochée et posant comme un groupuscule révolutionnaire sur le point d’organiser quelque coup d’état.



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