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Albums/Mixtapes

Body Count Carnivore

Il revient et il a faim !

Date de sortie : 6 mars

Krapulax, le 9 mars

Chronique piste par piste du nouvel album du gang metal d’Ice-T.

Le premier album de Body Count avec Ice-T sort en 1992 mais on n’est pas là pour refaire la bio – je suis fan d’Ice-T depuis les années 1990 et j’ai chanté dans un groupe de reprises qui nous a amenés à faire des concerts dans mon secteur il y a quelques années, donc encore maintenant chaque nouvel album des Californiens représente un évènement, même s’ils ne m’ont plus complètement convaincu depuis leur troisième en 1997. Ni non plus avec leur dernier en date, Bloodlust sorti en 2017 – trop politique, trop metal, trop d’invités incohérents sur l’album – malgré quelques très bons couplets d’Ice-T qui prouve qu’il en a toujours plus dans le sac que certains, malgré son certain âge.

2020, Body Count sort son nouvel et 7ème album Carnivore dont Ice-T dira : "It’s basically ’Fuck vegans’. We figure, anything carnivorous pretty much kicks ass. We’re carnivorous ! I’m not really saying ’Fuck vegans’, everyone’s so pussy right now… so we’re carnivores." En partant de là et sachant à quel point Ice-T est bon quand il s’agit d’envoyer tout le monde se faire foutre dans les grandes largeurs, j’avoue que j’étais assez pressé d’entendre les nouvelles chansons et qu’une part de moi voulait croire à l’éventualité d’une bonne claque de la part des gangsta thrasheurs de L.A. – sans plus attendre, voici ma chronique titre par titre du nouvel album de Body Count (sorti en 2020 !) :

Carnivore  : c’était le premier single, qui permettait aussi de découvrir la pochette de l’album avec le (G)code bleu et rouge habituel et déjà nettement moins moche que la pochette fade du précédent Bloodlust. Premières secondes typiques BC avec du bordel et des sirènes de police, ça commence bien, et là ça part sur un riff lourd genre à la Korn, production bien gonflée de nouveau, et un hurlement de gros méchant, un peu risible il faut bien le dire – ça sonne pas très BC. Ice-T enchaine sur le couplet avec un rap fort et agressif mais on sent le truc un peu coupé de partout, c’est pas très fluide mais ça envoie quand même, à propos de venir te choper pour dévorer ta chair – une espèce de métaphore sur les tendances meurtrières des humains assez bien foutue. On retiendra les lignes "As savage as this all may seem, I am called a human being," "I eat life to stay alive, even plants are still alive," "Nightly news gives my report, sometimes I just kill for sport, black or white I have no race, double-barrel to your face." Bref, pas franchement convaincu par ce premier morceau mais j’ai un peu appris à l’apprécier quand même – en fait c’est quand même du rock et ça passe.

Point the Finger (ft. Riley Gale)  : chanson écrite par le chanteur du groupe de thrash Power Trip, que j’aime bien aussi, certes, mais quand sort un album de Body Count je veux entendre des chansons de Body Count ! Ça part bien speed avec Ice-T et l’autre qui se partagent couplets et refrains en dénonçant les violences policières, les exactions et l’impunité des porteurs du badge aka "the biggest gang" – classique sujet de dénonciation de BC et toujours pas moins d’actualité qu’il y a vingt ou trente ans. C’est pas très mauvais du tout mais je me serais volontiers passé du featuring parce que je ne suis pas toujours fan d’avoir des intrus dans ma gangsta soupe. "And then it’s always the victim’s fault, this is some fuckin’ bullshit !" – pas faux.

Bum-Rush  : avec la vidéo bien cool pour l’accompagner, dans laquelle on voit le groupe investir un studio télé pour voler l’antenne et propager leur message d’appel à la rébellion sur les écrans du monde. Le morceau part avec une énergie bien rock qui permet à Ice-T de lâcher un flow scandé de révolutionnaire en colère bien entrainant, il dénonce les excès du pouvoir qui ne cherche qu’à nous diviser et nous faire peur, met en cause les absurdités d’un ultra capitalisme, insiste que ce n’est pas une fatalité si on se bat dans l’unité – bref, un hymne à nous bouger le cul bien soutenu avec un refrain facile et efficace, et sa classique partie break de chant de gang "BC !" avec le point levé. Pour moi c’est tout bon, meilleur morceau de l’album.

Ace of Spades (Motörhead cover)  : reprise du classique de Lemmy – y’a rien à voir, circulez.

Another Level (ft. Jamey Jasta) – non, malheureusement c’est pas un super gangsta rappeur de L.A., c’est juste ce gros lourdaud de chanteur de Hatebreed qui vient gâcher un nouveau refrain relou sur une chanson qui traîne… Les paroles sont plutôt creuses elles aussi, Ice-T nous explique que personne ne croyait en son truc et qu’on lui disait que les blacks n’étaient pas faits pour réussir, sauf que lui refuse la fatalité et se bat pour réaliser ses rêves, et voilà maintenant il est sur un autre niveau. Pas bien écrit. Lourdingue, ce sera sans moi.

Colors – 2020  : remix rock du classique rap d’Ice-T qu’il avait sorti en 1988 pour le film Colors – c’est exactement les mêmes paroles et en gros le même beat, et ça redonne un peu d’énergie à un de ses vieux hits, mais c’est pas génial non plus, et ça fait la deuxième chanson sur six qui n’est pas une nouvelle chanson.

No Remorse  : là encore, un riff beaucoup trop lent et lourd pour du Body Count – certes ça envoie, gros son, ça tourne, mais je trouve que ça écrase trop – c’est pas fun, et clairement pas là non plus qu’on pourra profiter du style freestyle et mélodique du guitariste d’Ernie. C. Ice-T, en revanche, nous aboie un rap bien colérique et violent quant au fait il assume paroles et actes et que si ça t’a choqué, c’était réfléchi et fait exprès. Il dit n’aspirer qu’à la vengeance et en profite pour lâcher deux/trois conneries, "If you was on fire I wouldn’t piss on you, if you was starving I wouldn’t fix you a hot bowl of shit." La rage et les rimes sont là mais ça manque de pep’s, nan ?

When I’m Gone (ft. Amy Lee)  : je sais qu’on est en 2020 et tout mais quand même, si on m’avait prédit la chanteuse d’Evanescence sur le nouveau Body Count j’aurais dit nan, mais pourtant voilà – L.A. gangsta thrash metal ! Ice-T commence par expliquer que c’est le meurtre de Nipsey Hussle qui lui a inspiré l’écriture de cette chanson et ça raconte en gros qu’il faut savoir aimer les gens de leur vivant. Alors en fait le texte et la façon qu’à Ice-T de le lâcher sont assez poignants, genre il t’en met gros sur la patate, ensuite arrive le refrain et là tu relâches la pression car Ice-T et Amy Lee c’est quand même pas très sérieux – ils sont ensemble à la fin, c’est beau. Donc voilà, c’était une bonne écoute qui ne m’a pas laissé indifférent, mais c’était pas non plus la peine et je n’y retournerai pas.

Thee Critical Breakdown  : ok, un nouveau titre sans featuring à la con, c’est déjà pas mal. Là aussi c’est un peu lourd au début mais ça bourre un peu plus par la suite, et y’a un beau riff avec une mélodie à la Slayer pour un refrain plutôt satisfaisant – ça passe ! Ice-T, là aussi, nous lâche des rimes bien énervées sur un flow bien soutenu – il engage les grandes gueules à venir lui dire ça en face et se battre, il en a marre des petites salopes derrière leur écran et il viendra te chercher si tu ne te montres pas, "I got your pussy text, still talkin’ mad shit, but you don’t wanna meet, you’re such a little bitch." Classique rage et violence à la BC, je ne suis toujours pas complètement charmé mais j’aime bien.

The Hate is Real  : "The love is fake… but the hate is real !" Tout le message est là, Ice-T insiste sur le fait que ceux qui sont vraiment méchants comme des fdp ne rigolent pas et seraient contents de te voir tomber, ils te souhaitent la poisse et la maladie comme des bâtards, et il ajoute qu’il déteste les racistes et que sa haine est réelle aussi. C’est un constat récurent de la mauvaise nature humaine chez BC, content d’entendre un Ice-T toujours aussi clair, d’autant plus que la chanson a des airs bien oldschool de "Surviving the Game" du classique Born Dead, et la seule fois de l’album où on pourrait croire à une vraie partie de guitare de Ernie. C. C’est un chouette morceau même si je ne suis toujours pas fan de la prod’ en général, dommage que ce soit déjà le dernier de l’album :-/

6 in tha Morning – demo 2020  : remix rock de l’ultra classique d’Ice-T sorti en 1986, j’ai cru comprendre en lisant twitter que c’était Dave Lombardo (ex-Slayer) à la batterie – c’est de nouveau exactement les mêmes paroles, c’est vite fait mais je trouve que ça tape bien et ce sera très certainement beaucoup écouté dans la voiture quand j’aurai acheté l’album même si au final j’en aime à peine la moitié.


Voilà pour le nouveau Body Count – Carnivore, des moments sympas mais sans frissons. Ice-T vient de signer pour trois nouvelles saisons de New York, Unité Spéciale à la télé, et prépare la sortie du troisième volet de sa trilogie rap entamée l’année dernière avec "Too Old 4 the Dumb Shit" et "Feds in my Rearview" ci-dessous :


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