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Chroniques

BeatKing Club God 5

Volcan en éruption

Mugen le druide, le 31 mai 2016

La pochette de Club God 5 résume assez bien le personnage de BeatKing : un volcan en éruption, bruyant, énorme, avec dans les veines de la lave en fusion.

Cette énergie débordante saute aux oreilles dès qu’on entend sa voix de colosse. D’ailleurs en dehors de la matrice, le bonhomme est loin de passer inaperçu. 1m90 et un coffre qui n’a rien à envier à nos chers defensive tackle de NFL.

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Ayant déjà une solide base de fans dans les rues et les clubs de Houston, le bonhomme à cet avantage de pouvoir agir des deux côtés du terrain, maîtrisant autant la production que le rap. L’année dernière, le Club Godzilla s’alliait avec Gangsta Boo pour enfanter une des meilleurs mixtape de l’année, Underground Cassette Tape Music. Ce projet a fait naître une véritable alchimie entre ces deux-là, et leurs collaborations sont toujours synonymes de gros bangers généreux en basses. C’est donc tout naturellement qu’on retrouve la belle des l’ouverture du bal avec So High. Titre qui ne déroge pas à la règle, avec des synthés apocalyptiques en fond sonore. Une belle entrée en matière, qui pourrait d’ailleurs mettre les néophytes sur des mauvais rails. Aussi surprenant que cela puisse paraître pour un rappeur, BeatKing ne consomme pas de drogues…

You don’t smoke or drink, do you ?
It’s weird. I’m in a game that does it. I get to my shows, the promoters try to give me coke and lean, and I’m like [waves hand] “No thank you ! I just want the money.” I promote it, though. I make party music, so my fanbase is drugged out. They be on lean, they be on mollies, they be on coke. They do it at my shows. I see ‘em. I don’t need it because I’m already naturally turnt up.”

Molly make you up, zans make you down

Avec des sons comme Real Life, le Texas Hammer nous rappelle les belles heures du crunk, des refrains répétitifs mais toujours aussi efficace quand il s’agit de se casser la nuque en rythme. Ne cherchez pas de subtilité, ici on a la rime facile et on ne s’en cache pas. Si vous ne portez pas ou peu d’intérêt aux histoires de fesses et d’argent facile, rebroussez chemin. Car BeatKing est le genre de gorille capable de chantonner “pussy so good man I had to fuck it twice” dans la plus grande décontraction, avant d’enchaîner sur un “Imma snapchat that pussy dont be scared ”.

Le surnom de Club Godzilla prend tout son sens avec des titres calibrés pour les strip-clubs comme Bussibak et sa prod minimaliste qui rappelle les belles heures de D4L. Dans No Special EFX, l’intéressé dit lui même qu’il serait probablement mac s’il n’était pas occupé avec le rap.

Dire que les Texans sont fiers de leurs terres est un doux euphémisme. Beatking ne se prive pas pour le rappeler, et rend hommage à sa manière aux grandes figures de la ville. C’est donc ce bon Mr Lee qui a concocté un sample de Sweet Jones pour en faire le génial refrain de Get Up Off Me. Les bpm ralentis seront eux mis a l’honneur sur le freestyle Red Lean, nous rappelant la belle époque ou tous les CD’s avaient le droit a leurs versions Chopped & Screwed en bonne et due forme. Un habile clin d’oeil à un morceau d’histoire, des cassettes grises de Robert Davis à Mickael « 5000 » Watts et OG Ron C.

Malgré cette apparence de brute épaisse, il arrive quand même à proposer autre chose, comme le sympathique Frfr et surtout le mélancolique It Doesnt Matter : une occasion parfaite pour parler de son parcours avec une franchise aussi touchante qu’inattendue. Le rappeur y parle de son enfance, non sans une pointe d’humour…

« In my mama room roaches in kitchen roaches : I’m 31 years old and still scared of roaches »
« In 9th grade I have 4 outfits, niggas laught : on friday I wore monday shirt’s with wednesday pant’s »
« I ain’t have no hoes I was fat as fuck. Now hoes wanna fuck I’m still fat as fuck »

…mais aussi de sa découverte du beatmaking et du rap. C’est grâce à sa mère qui empruntait le synthé de l’église qu’il a pu faire ses premiers pas. Quelques années plus tard, il vendait des prods pour à peine 20 dollars. Ce morceau a pour seul but d’encourager le travail et la persévérance, se moquant volontiers de ces rappeurs qui agissent comme s’ils n’avaient jamais été pauvres. Et même s’il assume une certaine misogynie affichée, il rappelle qu’il a un grand respect pour la gent féminine, avançant qu’une fois derrière les barreaux, ce sont bien mesdames qui viennent au parloir et signent les chèques de caution. Ne vous étonnez pas de le voir arborer fièrement un tee shirt floqué “Strippers have feelings”…



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