Accéder directement au contenu

Chroniques

Trouble Skoobzilla

Petite ride à Edgewood

George de la Maille, le 23 décembre 2016

Trouble traine depuis quelques années dans le paysage musical d’Atlanta, mais n’a toujours pas réussi à faire son trou. Skoobzilla est peut-être sa porte d’entrée dans la cour des grands.

Depuis quelques années, Atlanta est devenue la scène rap la plus florissante des États-Unis. Dans une ville où des dizaines de rappeurs naissent et disparaissent tous les mois, la longévité semble la clef du succès. Malgré son nom de scène, peu de chance que Trouble attire votre attention si vous le croisez aux abords d’une trap house d’Edgewood, à l’Est de la ville. Pourtant, il a sorti en 2011 la mixtape 17th December, d’après la date de sa libération de deux années de prison qu’il a tapées pour cambriolage. Grâce à Bussin’, un single violent qui résonne dans Atlanta comme le cliquetis des armes à feu qu’il arbore dans son clip, Trouble rencontre alors un certain succès. Malheureusement, à l’image des membres de sa clique Duct Tape Ent, la trop grande linéarité de ses projets empêche sa carrière de décoller. Mais Trouble n’en démord pas : « On prend les chemins escarpés, je n’ai pas de problème avec ça » explique-t-il devant les caméras de Noisey.

Si le succès commercial n’est pas encore au rendez-vous, le rappeur progresse au fur et à mesure des mixtapes. En 2015, il sort deux projets en collaboration avec les producteurs Zaytoven et Shawty Fresh. Finie la trap « ignorante » et saturée : Trouble explore sa musicalité, se fait de plus en plus introspectif, et atteint même son pic sur la planante track Thief In The Night, en duo avec Young Thug. Sur son dernier projet Skoobzilla, la rue reste son thème de prédilection, décrite de façon totalement désabusée, à la manière d’un Young Scooter. La seule différence avec son compère réside dans la prise de recul : Trouble se questionne sur l’unique environnement qu’il ait connu.

De Young Chop à Nard & B, en passant par Shawty Fresh, nombreux sont les producteurs qui viennent mettre en valeur le rap maîtrisé du résident de la fameuse Zone 6. Multipliant les flows et les intonations, Trouble n’a aucun mal à créer des mélodies et des refrains accrocheurs. Sur Watchu Doin’, il réunit Quavo, Young Thug et Skippa Da Flippa pour un échange de rap détonant, le tout sur l’un des meilleurs beats de Zaytoven. Sur le déchirant Lil Homie Died, Trouble s’aide de Bloody Jay pour rendre hommage à son ami Bankroll Fresh, décédé un jour avant la sortie du projet. Même quand il donne dans la mélancolie, le rappeur arrive à créer des rythmes entraînants comme sur In The Game, un titre qui, une fois écouté, aura du mal à vous sortir de la tête.

Avec le léché Skoobzilla, Trouble réalise donc l’un des projets les plus réussis de 2016 et n’a plus aucune excuse pour ne pas devenir un acteur majeur d’Atlanta.

Précédemment publié dans IHH Magazine.



VENEZ DISCUTER AVEC NOUS SUR
FACEBOOK ET TWITTER :-)